« J'ai eu besoin d'incarner » : Dominique A explique pourquoi « Spirales », son 15e album, parle enfin de lui
Dominique A sort « Spirales », son 15e album, le 9 octobre : seize titres plus bruts et autobiographiques, entre souvenirs de films, d'amis et de Nantes.

Avant de choisir une boîte à musique ou un objet sonore, observe toujours le contexte : âge, pièce, fréquence d’usage, fragilité du mécanisme et place réelle dans la décoration.
Vous reconnaissez sa voix fine entre mille. Avec « Spirales », sorti le 9 octobre, Dominique A change de posture : son quinzième album, plus brut et plus électrique, parle de lui, de ses souvenirs de films, de concerts et de Nantes. Sans nostalgie, mais avec beaucoup d'énergie.
En bref
- « Spirales », quinzième album de Dominique A, est sorti le 9 octobre 2026 et réunit seize chansons plus brutes, plus électriques et plus rock.
- Après « Le Monde réel » en 2022, très sociétal, il choisit l'autobiographie : souvenirs d'enfance, de films découverts jeune et d'amitiés perdues.
- Il y raconte un ami retrouvé 42 ans plus tard, qui avait cessé de lui parler après son départ de la ville.
Le chiffre clé : 42 ans de silence avant de retrouver l'ami dont parle une chanson de l'album.
Un quinzième album plus brut, plus électrique, plus rock
« Spirales » est dans les bacs et sur les plateformes depuis le 9 octobre 2026. Seize chansons, un son plus tendu, la guitare remise au centre. Ceux qui connaissent Dominique A depuis longtemps entendront tout de suite le changement de braquet.
L'artiste lui-même explique ce retour : il savait qu'il allait revenir à la guitare, à quelque chose de plus brut. Ce choix musical allait de pair avec une envie d'écriture. « Tout faisait sens, en fait », dit-il.
Il y a quelques années, il avait publié « Le Monde réel », un disque qu'il décrit comme très sociétal et éco-anxieux. Il y tenait le rôle d'un narrateur un peu en surplomb, qui livre une vision des choses. Cette fois, il voulait être plus dedans.
Des films et des lieux d'enfance, sans une once de nostalgie
Le disque est tissé de souvenirs de découvertes émerveillées, au cinéma comme en concert. « La Roue du jardin Garnier » évoque un lieu de son enfance à Provins. « Shining à 12 ans » raconte la découverte du célèbre film de Stanley Kubrick, à l'âge où l'on n'est pas censé le voir sans trembler.
Pourtant, la critique le souligne : malgré ces retours en arrière, rien n'est nostalgique ici. Les seize titres sont traversés d'une énergie vitale que l'on n'avait plus perçue chez le musicien depuis un bon moment. À 58 ans, il se montre frais comme au premier jour.
Autre bonne nouvelle : il ne se contente pas de regarder son nombril. Des morceaux comme « Picasso y los Simios » ouvrent la fenêtre sur autre chose que lui. C'est ce qui rend l'album accessible, même si vous n'avez pas grandi à Provins ni à Nantes.
Une amitié qui refait surface après 42 ans de silence
Dans « Spirales », les lieux reviennent, mais les gens aussi. Une chanson raconte une amitié qui réapparaît après des décennies sans nouvelles. Dominique A l'avoue : pourquoi ce silence ? « C'est un mystère et c'est le sujet de la chanson. »
Le silence était mutuel, précise-t-il, puisqu'il avait lui-même coupé les ponts. Il a revu cet ami 42 ans plus tard. Il lui a demandé comment, en tant que fan de musique, il n'avait jamais donné le moindre signe. La réponse l'a surpris : en partant, il les avait en quelque sorte trahis.
Pour cet ami, le chanteur incarnait une ville que lui-même avait rejetée. Il représentait des choses douloureuses, alors il l'avait mis de côté, comme artiste et comme ex-ami. Voilà la matière brute de la chanson : un malentendu long comme une vie.
Une voix fine qui est devenue une signature
Cette voix, c'est la première chose que l'on remarque chez lui. Elle ne ressemble à aucune autre depuis plus de 30 ans. Il raconte comment il l'a construite, au moment de son premier disque : il chantait le plus haut possible, par refus d'être identifié sexuellement.
En tant que gamin, j'avais souffert des injonctions à la masculinité. Je ne me sentais pas armé pour faire face à ça.
Dominique A, à franceinfo
Il voulait se placer en porte-à-faux par rapport au virilisme, à une époque où le rock en cultivait volontiers une version bien carrée. Il dit avoir revendiqué, de façon presque agressive, une forme de non-masculinité au départ. Ce qui ressemblait à une fragilité est devenu sa marque de fabrique.
De « La Fossette » à « Spirales » : les repères à retenir
Dominique A arrive à Nantes à 15 ans. Quelques années plus tard paraît un premier disque enregistré avec presque rien dans une chambre, avec « Le courage des oiseaux », une chanson qui deviendra l'un des fils rouges de son parcours. Voici les dates à garder en tête.
| Date | Repère |
|---|---|
| 1992 | Sortie de « La Fossette », enregistré dans une chambre |
| 2022 | « Le Monde réel », disque très sociétal et éco-anxieux |
| 9 octobre 2026 | « Spirales », quinzième album, seize chansons |
L'écriture, il y est venu très tôt. Sa première chanson date de ses 7 ans : composée à vélo, elle racontait l'histoire d'une fille dont il était totalement amoureux. Il voit dans l'écriture sa « porte de sortie ultime », au point de parler d'un mouvement de régurgitation perpétuel, destiné à tout délivrer de façon artistique.
Et si vous pouviez parler à l'enfant qu'il était ? Sa réponse tient en trois mots : « N'aie pas peur. » Un message qu'il avait déjà écrit à la fin de son livre « Regarder l'océan », dans un chapitre intitulé « Je viens te chercher ».
Vos questions
Quand sort « Spirales » de Dominique A ?
L'album est paru le 9 octobre 2026. C'est le quinzième de sa carrière et il compte seize chansons. Le disque est décrit comme plus brut, plus électrique et plus rock.
De quoi parle « Spirales » ?
C'est son album le plus ouvertement autobiographique. Il y évoque un lieu d'enfance à Provins, la découverte de « Shining » à 12 ans et une amitié retrouvée après des décennies. Malgré ces retours en arrière, la critique n'y voit aucune nostalgie.
Pourquoi Dominique A parle-t-il enfin de lui ?
Il dit ne pas pouvoir l'expliquer précisément. Après « Le Monde réel », où il était un narrateur en surplomb, il a eu besoin d'incarner et d'être plus dedans. Cela rejoignait aussi son envie de revenir à la guitare.
Sources : Le Monde, franceinfo, telerama.fr.
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